Tribune : Punition et transparence sont au cœur de la gouvernance d’un État (Mory Damas Kourouma)

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Réinventer un modèle de gouvernance, au service des populations dans le contexte guinéen, passe par la transparence dans la gestion des affaires publiques et au renoncement de l’impunité.

En effet, la crise de confiance entre l’État et les populations en matière de gestion des affaires publiques, doit être au cœur de la préoccupation de l’État. En dépit des prérogatives constitutionnelles et législatives de l’État, son rôle majeur est de participer sans cesse à l’amélioration des conditions de vie de celles-ci, notamment, la redistribution des ressources publiques.

Dans les faits, cette redistribution se fait dans les conditions très étonnantes, au préjudice du bonheur des contribuables. La corruption généralisée, dans presque tous les secteurs de la vie publique. À cela s’ajoute le détournement à ciel ouvert des richesses du pays, ces éléments sont des causes parmi tant d’autres pour justifier la mauvaise utilisation des ressources de l’État.

L’impunité intégrale est un stimulant, pour les acteurs de la vie publique de s’accaparer des biens publics.

Monsieur le Président, pour parler comme Holland, ancien Président français, 《le devoir de punir est au cœur de la fonction présidentielle》.

Le président doit avoir de l’autorité, sans être autoritaire.

Le Président de la République, avec tout le respect que j’ai pour lui, utilise un moyen inadapté en pareil circonstance, donc la dénonciation. Un moyen substantiellement réservé à l’opposition et la société civile. Pourtant, il bénéficie d’un moyen de répression ou d’action.

Eu égard du degré d’impunité dans notre pays, les richesses de l’État seraient-elles en train de perdre leur dimension publique au bénéfice de l’enrichissement privé ?

En théorie, nous avons l’essentiel des institutions et organes, matière de lutte contre le détournement des biens publics et la corruption dans notre pays, notamment, la cour des comptes, ANLC ( Agence Nationale de Lutte contre la Corruption et de promotion de la bonne gouvernance) et l’Inspection Générale des Finances de l’État, pour ne citer que celles-là, sans oublier la loi sur la corruption. Nonobstant, toutes ces dimensions juridique (normes, institutions voire organes), comme arme de répression, nous avons encore du mal à lutter contre ces fléaux.

La transparence dans la gestion des affaires publiques implique un partage de responsabilité entre les acteurs étatiques et les populations qui sont les principales bénéficiaires, elles joueront dans le processus de gouvernance, le rôle de contrôleur et d’évaluateur. Elle devient également (la transparence) moyen d’efficacité de l’action publique.

Rétablir la confiance entre le peuple et les institutions étatiques est un facteur de bonne gouvernance, et la transparence est un outil approprié en la matière.

Mory Damas Kourouma, juriste.

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