TPI Coyah : ouverture du procès dans le conflit domanial qui oppose deux communautés

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C’est une nouvelle bataille judiciaire qui a commencé ce mercredi, 02 septembre 2020 au tribunal de première instance de Coyah. Les autorités locales de Friguiadi sont poursuivies par plusieurs citoyens de Soumahoré (Manéah) pour destruction de biens privés, voie de faits et coups et blessures volontaires.

Cela fait des années qu’un conflit domanial oppose les autorités locales de Friguiadi à plusieurs citoyens de Soumahoré (Manéah) dans la préfecture de Coyah.

Et tout récemment, un affrontement avait éclaté sur le site litigieux au cours duquel, une personne a été tuée, d’autres blessées et des biens privés endommagés.

Après l’identification de trois prévenus sur les huit cités dans la présente affaire où ils sont poursuivis pour destruction de biens privés, voie de faits et coups et blessures volontaires, les sieurs Mamady Diawara (Simbo) président du district de Friguiadi Nord, M’Bady Soumah, président du district de Friaguiadi Sud et Cheick Mohamed Camara (Tass) ont plaidé non coupables.

D’entrée, maître Abdoulaye Keïta avocat de la défense a soulevé une nullité portant sur l’identité de l’un des prévenus. Mais, la partie civile à sa tête maître Lancinè Sylla n’a pas tardé à réagir tout en demandant au tribunal de rejeter la demande faite par son confrère.

Le ministère public représenté par Djènè Cissé va soutenir la partie civile tout en requérant l’annulation de l’exception soulevée par la défense. Et finalement, le tribunal par la voix du juge Mamadou Saliou Diakité a rejeté la demande tout en ordonnant la suite des débats.

A la barre, Mamady Diawara (Simbo) président du district de Friguiadi Nord a rejeté en bloc les faits articulés contre lui et sa communication et se victime dans ce dossier.

« Je ne reconnais pas les faits pour lesquels je suis ici à la barre. C’est nous qui sommes les victimes dans cette affaire. Ils ont pris quatre personnes dans ma population, maltraiter trois et tuer un jeune. Nous n’avons pas répliqué sinon, ça allait être très grave. Ce procès intenté contre nous est une façon pour nos adversaires d’étouffer la mort enregistrée dans notre camp. Depuis 06 ans maintenant, je suis en train de sensibiliser mes citoyens. Parmi nous ici présents, aucun n’était sur le site où l’affrontement a eu lieu et je n’ai jamais donné de l’ordre à qui que ce soit de faire des troubles. Le jour de l’affrontement, je n’étais pas à Friaguiadi. C’est dans le bureau du secrétaire général de la préfecture que j’ai été appelé par un de mes chefs secteurs pour me dire que nous sommes attaqués par la famille Sacko », a- t-il déclaré.

Pour la manifestation de la vérité, le parquet a sollicité du tribunal, la comparution des personnes blessées lors de l’affrontement et un transport judiciaire sur le site litigieux afin de constater les faits.

Après des heures d’audition de deux des prévenus, le procès a été renvoyé au 23 septembre 2020 pour la suite des débats et comparutions des témoins cités.

Il faut rappeler que plusieurs décisions de justice ont été rendues dans cette affaire dont le dernier jugement est intervenu à la Cour d’Appel de Conakry.

De retour de Coyah, Siba Guilavogui

Tel : 620 21 39 77/ 662 73 05 31