Présidentielle 2020: la complexité dans la conquête du pouvoir (Diaraye Guirassy)

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Douze (12) candidats, parmi lesquels, le président Alpha condé qui brigue un troisième mandat très contesté sont en lice pour la présidentielle prochaine en Guinée.

La campagne se joue t-elle entre ces 12 candidats ou entre les deux partis traditionnels à savoir le RPG et l’UFDG ?

Il convient de mentionner que le locataire de Sékhoutouréyah, candidat à sa propre succession se focalise comme toujours sur sa politique basée sur l’ethnie et la communauté. En pleine campagne électorale, il utilise en boucle en visioconférence des mots qui lui sont propres comme : « cette élection n’est pas seulement une élection, c’est comme si on était en guerre ! »

Avec ces mots d’Alpha Condé, le ton est donné en Guinée, au sommet de l’État. Un ton dangereusement donné et qui prône l’ethnocentrisme. Pourtant, il est censé être le premier garant de l’unité du peuple.

Avec de tels propos, quel avenir souhaite t-il réserver à la Guinée à travers ces élections ?

Face à de telles allégations, son principal challenger réagit en ces termes : « je n’ai jamais voulu utiliser, instrumentaliser comme Alpha Condé le fait, l’ethnie pour parvenir à mes objectifs ».

La Guinée est une grande famille avec des ethnies qui sont mélangées les unes aux autres. C’est absolument dangereux si le président de la République flatte les bas instincts d’une ethnie qu’il prend comme sa troupe au détriment des autres.

Les candidats à cette élection ont-ils raison de prendre part à cette élection présidentielle ?

Certains observateurs estiment que le pays est en pleine inégalité et en pleine inconstitutionnalité. Pour eux, prendre part à cette élection, est une forme de légitimer l’agenda d’Alpha Condé qui, malgré des contestations qui ont conduit à des morts d’hommes a réussi à imposer une nouvelle constitution aux Guinéens.

D’autres annoncent déjà une mascarade électorale. Car, disent-ils les conditions préalables à des élections transparentes et crédibles ne sont pas réunies.

C’est donc une défaite chronique annoncée pour les autres candidats.

Le fichier électoral n’est pas bien assaini, l’enrôlement n’a pas concerné tout le monde, il y’a des doutes considérables sur la crédibilité du scrutin.

Tout porte à croire que l’opposition fait face à un aveux d’échec en ce sens qu’elle n’a pas encore réussi à mobiliser et à être mobilisé et uni face à Alpha Condé.

Après l’échec dans leur mission visant à empêcher le changement de la constitution de 2010 et faire partir Alpha Condé à la tête du pays, la dernière alternative pour les autres candidats, est de le battre dans les urnes. Vont-ils (opposants) y arriver ? Même s’ils y parvenaient, qui est-ce qui proclame les résultats en Guinée ? Et qui est-ce qui valide les résultats ? C’est bien la CENI et la cour constitutionnelle. Deux institutions qui malheureusement se trouvent aux ordres d’Alpha Condé. En plus, les experts mandatés par la CEDEAO dénotent que le fichier électoral guinéen est « débarrassé de toutes les anomalies. Ce qui au regard du coût électoral est de qualité suffisante pour les prochaines élections ».

Ce qui semble être très floue avec le terme (suffisant) utilisé. Cette situation pousse beaucoup d’observateurs à se poser les questions suivantes : le fichier est-il bon ou pas? Et pourquoi un certain nombre d’organisations chargées de valider les processus électoraux sur le continents comme l’organisation internationale de la francophonie, l’union européenne et tant d’autres sont absentes dans le cas guinéen ?

C’est pourquoi, il est important que le terme utilisé pour qualifier ce fichier doit être de nature très claire et dépourvu de toutes ambiguïtés. Par ce que, si le fichier électoral n’est pas bon, on s’achemine tout droit vers des contestations. Des contestations, qui le plus souvent engendrent des morts d’homme. Chose qui pourrait être évitée si toutefois des dispositions sont prises à temps.

Diaraye Guirassy