Mamadi Diawara : « l’Etat perçoit l’exercice des libertés publiques comme une menace »

0
495

Ce n’est un secret pour personne que le respect des libertés publiques reste une longue bataille à gagner dans notre pays. Plusieurs citoyens peinent à jouir pleinement de ces avantages consacrés dans nos différents textes de loi. C’est parti de ce constat amer qu’est née la Coalition pour le Respect des Libertés Publiques (CRLP). Dans une interview qu’il a accordée à notre rédaction, Mamadi Diawara président de cette ONG est revenu sur les objectifs, les actions à mener sur le terrain et son appel à l’endroit des autorités du pays à l’approche des élections présidentielles.

Décryptage !   

Nimbanews.org : vous êtes le président de l’ONG Coalition pour le Respect des Libertés Publiques, présentez-nous votre structure ?

Mamadi Diawara : nous sommes la Coalition pour le Respect des Libertés Publiques (CRLP), une organisation non gouvernementale spécialisée en matière de libertés publiques et dans la défense des droits humains.

A entendre par libertés publiques, l’ensemble des libertés qui s’exercent individuellement ou collectivement dont l’État reconnaît à la population, l’exercice sans contrainte et à des conditions prédéfinies par les textes de lois (Constitution, traités et conventions internationales, Lois et règlements).

Ces libertés sont fondamentales et sont indispensables pour le renforcement de la démocratie et la construction de l’Etat de droit. Elles permettent l’expression collective des idées et des opinions, qu’elles soient philosophiques, politiques ou religieuses dans toutes sociétés démocratiques.

Quels sont les objectifs et les domaines d’action de la coalition pour le respect des libertés publiques ?

Premièrement, c’est de contribuer à la défense des droits humains, de la dignité humaine dans l’exercice des libertés publiques.

Deuxièmement, c’est de concilier l’exercice des libertés publiques avec le respect de l’ordre public (qui constitue la limite légale à toute liberté. Cette limite doit être nécessaire et proportionnée quant à l’objectif poursuivi).

Et enfin, promouvoir les principes de neutralité dans les administrations publiques et privées en République de Guinée.

Notre action visera spécifiquement la liberté d’expression, la liberté d’opinion, la liberté de réunion, la liberté de manifestation, la liberté de presse, la liberté de croyance…

Nous savons que les libertés publiques ne sont pas souvent respectées par nos autorités, qu’est-ce que vous comptez faire pour changer la donne ?

C’est bien vrai que les libertés publiques sont sources de difficulté dans son encadrement par l’administration dépositaire de l’autorité publique. Très souvent, l’Etat perçoit l’exercice des libertés publiques comme une menace pour son pouvoir, ce qui est une incompréhension. L’État doit garantir ces libertés pour que tout le monde en profite, y compris celui chargé de son encadrement.

Nous avons les plus beaux textes de la sous-région même s’ils sont contradictoires quelque fois, mais nous ferons en sorte qu’ils soient respectés.

Par ailleurs, nous accompagnerons les pouvoirs publics dans la prévention des violences en vue de faciliter le maintien d’ordre public.

Au niveau des citoyens, comment leur faire comprendre le sens de votre combat ?

Quant à la population, elle a aussi une mauvaise interprétation de la notion de libertés publiques. Elle confond la liberté au libertinage.

Pour cet état de fait, nous misons sur la sensibilisation, la formation et l’éducation citoyenne.

Quelles sont les actions que vous comptez mener sur le terrain pour une question de visibilité ?

Comme je l’ai précédemment dit, nous misons sur la sensibilisation dans les espaces ouverts au publics (les marchés, les ronds-points et carrefours…)

La formation et la sensibilisation citoyenne ne seront pas en reste pour permettre une meilleure compréhension et une meilleure lisibilité des textes en la matière.

Quel est l’appel que vous pouvez lancer aux Guinéens pour adhérer à votre ONG ?

Comme toute structure associative, l’adhésion est libre et gratuite.

Toute personne qui est sensible à la question de libertés publiques et qui est en accord avec notre objet social, peut nous rejoindre, pour qu’ensemble, qu’on défende ces valeurs nécessaires dans toute société démocratique.

A l’orée des élections présidentielles, quel est votre message à l’endroit des autorités pour le respect des libertés publiques ?

Bientôt, les Guinéens seront appelés pour exprimer leur devoir citoyen.

Tout d’abord, je lance un message de paix et de fraternité à l’ensemble du peuple de Guinée. Et également, j’appelle l’Etat de respecter ses engagements constitutionnels en matière de libertés d’expression, de réunion, de manifestation, de circulation et de cortège lors des prochains jours. Nous avons un projet dans ce sens, qu’on compte faire bénéficier à l’ensemble de la population guinéenne.

Interview réalisée par Mantenin Sacko et Siba Guilavogui

Tel : 620 21 39 77