Kankan-Nanfo Diaby entame la reconstruction de sa mosquée : Le maire s’oppose et arrête les travaux

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Mosquée de Nanfo Diaby

Pour avoir dirigé des prières en langue locale, Nanfo Ismael Diaby est jusque là interdit d’exercer publiquement des prières. Et, sa mosquée qui se trouve à l’intérieur de sa cour familiale avait été saccagée par des individus non identifiés en guise de représailles.

Pendant que sa plainte formulée contre les auteurs de la destruction de sa mosquée est sans suite au TPI de Kankan, Nanfo Ismael Diaby a exprimé aux autorités, le désir de rebâtir sa maison de Dieu.

Mais, le maire de la commune urbaine de Kankan, Mory Kolofon Diakité s’oppose à cette volonté du promoteur de l’alphabet N’Ko qui est celle de la reconstruction de sa mosquée.

Nanfo Ismael Diaby

« On voulait reconstruire notre mosquée car comme tous le monde le sait, des personnes malintentionnées sont venues la détruire, attaquer mon véhicule et blesser des membres de ma famille. On a porté plainte, en attendant la réaction de la justice, nous avons décidé de reconstruire ma mosquée. Mais, à mon grand étonnement, le chef de quartier est venu nous interrompre dans les travaux en me faisant savoir que je suis convoqué par le maire. C’est ainsi qu’il m’a intimé l’ordre dans son bureau de cesser la reconstruction de ma mosquée », a expliqué Nanfo Diaby.

Criant à un acharnement de la part des autorités qui sont hostiles à sa liberté de culte, le religieux invite le secrétariat général des affaires religieuses  et les défenseurs des droits de l’homme de s’intéresser à sa situation.

« Il a fait un papier pour m’interdire de reconstruire ma mosquée. Je détiens ce papier. Peu importe ma façon de faire, la prière c’est entre l’homme et Dieu et ça ne regarde personne d’autre. J’interpelle solennellement les autorités  guinéennes, les gardiens  de nos lois ainsi que les organisations de défense des droits de l’homme sur notre situation. Car, nous sommes vraiment intimidés et empêchés d’exercer notre croyance comme nous l’entendons dans ce pays. Nous sommes vraiment privés de jouir de notre liberté de foi religieuse », -t-il regretté.

Pour rappel, ce lieu de culte  qui se trouvait à l’intérieur de sa cour familiale a été attaqué et  détruit par des individus non identifiés alors que lui-même était en détention sous les ordres du préfet Amara Lamine Soumah.

Les jours qui ont suivi, il a été libéré par le gouverneur Sadou Keita qui avait insisté sur le fait qu’il (Nanfo Diaby) est interdit d’exercer publiquement ses prières.

Joint au téléphone à plusieurs reprises sur le sujet, le maire de Kankan n’a pas daigné répondre à nos appels.

Djétenin Siré Traoré