Impact de la Covid-19 sur l’Etat civil de Matoto : « nous avons enregistré une différence de 643 enfants » (Interview)

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Kémoko Dioubaté, chef service officier de l'Etat civil délégué de la commune de Matoto

La journée africaine de l’enregistrement des naissances et des statistiques de l’Etat civil a été célébrée ce lundi, 10 août 2020 à Conakry. En raison de la pandémie du Coronavirus qui sévit dans notre pays, une cérémonie sobre a été organisée à cet effet dans la commune de Kaloum.

Dans un entretien accordé à la rédaction de Nimbanews.org, Kémoko Dioubaté, chef service officier de l’Etat civil délégué de la commune de Matoto est revenu sur le sens de cette journée. Ensuite, il a donné les dernières statistiques de son service qui a été lourdement éprouvé par la pandémie du Coronavirus.

Nimbanews.org : vous avez célébré la journée africaine de l’enregistrement des naissances et des statistiques de l’Etat civil, quel est le sens de cette journée ?

Kémoko Dioubaté : c’est la troisième fois que nous célébrons cette journée. La première fois en 2018, on avait célébré dans la commune de Matoto, 2019 ça n’a pas marché et 2020 nous avons célébré aujourd’hui à Kaloum sous les auspices du ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation et celui de la sécurité. C’est une manière de donner de la valeur à l’enregistrement des enfants.  Tout développement dépend de la statistique et pour que la statistique soit fiable au niveau des naissances, il faut que les enfants soient déclarés à temps et enregistrés aussi à temps. On déclare à l’hôpital et on fait l’enregistrement dans les Etats civils des différentes villes du pays mais aussi dans les cinq communes de la capitale Conakry.

L’enregistrement des naissances est méconnu voire négligé par certains parents, qu’est ce qui a été entrepris pour inverser la donne ?

Le premier passeport d’un enfant c’est l’enregistrement, c’est son extrait de naissance. Quand un enfant nait sans extrait de naissance, l’enfant n’a pas son droit. C’est pourquoi, nous demandons l’interopérabilité entre les structures sanitaires et l’Etat civil. Nous avons déployé nos agents dans les centres de santé afin de récupérer les déclarations pour les enregistrer à l’Etat civil. Donc, il ne faut pas minimiser ça, c’est très important. Chaque enfant a droit à un extrait, c’est obligatoire parce que c’est son premier passeport.

La pandémie du Coronavirus a frappé votre service, quelles sont les statistiques avant et après l’apparition de cette maladie ?

Kémoko Dioubaté, chef service officier de l'Etat civil délégué de la commune de MatotoIl y a eu l’impact du Coronavirus sur l’enregistrement des naissances à Matoto de la période allant de janvier jusqu’à juillet 2020 comparativement de janvier jusqu’à juillet 2019.

De janvier jusqu’à juillet 2019, nous avons enregistré 3910 enfants dont 2026 garçons et 1884 filles contre 3267 enfants enregistrés de janvier jusqu’au mois de juillet 2020 dont 1705 garçons et 1562 filles, soit une différence de 643 enfants.

Vous pouvez donc constater l’impact du Coronavirus sur l’enregistrement des enfants. Et, il faut noter que l’année 2020 devrait être une année prometteuse du taux d’enregistrement des naissances grâce aux différentes campagnes menées sur le terrain mais aussi la formation des acteurs impliqués dans le cadre de l’interopérabilité.

Donc, nous avons vu aussi l’implication de l’UNICEF et la coopération italienne. Ce sont des partenaires financiers qui se sont bien impliqués pour la réforme et la modernisation de l’Etat civil.

Pour davantage inciter les parents à enregistrer leurs enfants, quel est votre message ?

C’est vrai que la population ciblée ce sont les enfants. Mais, j’invite les imams, les chefs de quartiers, les animateurs pour pouvoir informer et sensibiliser les parents. Grâce à l’UNICEF, nous avons des grandes fiches dans les structures sanitaires. La déclaration est gratuite, donc on peut enregistrer directement l’enfant à l’hôpital dès après la naissance et ces fiches seront remontées directement à l’Etat civil.

Interview réalisée par Siba Guilavogui

Tel : 620 21 39 77/ 662 73 05 31