Excision à N’Zérékoré : ce que compte faire le procureur pour lutter contre la pratique

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En Guinée, la pratique des mutilations génitales féminines persistent toujours. Dans la région forestière précisement à N’Zérékoré, malgré les sensibilisations faites par les ONG de défense des droits des femmes, les jeunes filles continuent à être excisées. Aujourd’hui, cette pratique ancestrale à la peau dure est dénoncée par les autorités judiciaires et les ONG de défense des droits des femmes de N’Zérékoré.

La Guinée fait partie des pays qui pratiquent le plus au monde l’excision (mutilations génitales féminines). Elle arrive en deuxième position juste après la Somalie avec un taux de prévalence de 96%.

Interrogée par notre rédaction, Alamako Diallo présidente de l’Organisation des Femmes pour le Développement Intégré (OFEDI) a pointé du doigt la responsabilité parentale et le manque de financement des projets dans le cadre de la sensibilisation contre la pratique.

« Je peux dire que l’obstacle est au niveau des parents, ce sont eux-mêmes qui font exciser leurs enfants. On a fait assez de sensibilisations mais toujours l’obstacle est là. Je peux parler également des institutions parce que, si une ONG fait son projet, le financement que l’ONG reçoit dès que  les trois mois finissent, le travail s’arrête et il faut chercher un autre financement encore », s’est-elle plaint.

Dans la législation guinéenne, l’excision est punie et sanctionnée dans le Code Pénal en ses articles 257 et 261. C’est du moins ce qu’a fait savoir Marcel Malick Oularé, substitut du procureur de la république près le tribunal de première instance de N’Zérékoré.

  « Lorsque l’excision entraîne l’infirmité chez la femme ou chez la fille, la peine est encore plus sévère parce que, l’emprisonnement va de 5 à 10 ans et d’une amende d’un million à trois millions de francs guinées. Et, si la mort survient suite à l’excision, c’est la réclusion criminelle de 10 ans à 2O ans. Les gens savent aujourd’hui que l’excision est prévue et  punie, donc ils font ça en cachette. Il faut que les gens prennent conscience du danger de l’excision et que chacun regarde l’excision comme un mal qu’on inflige à la femme et à la jeune fille. Cette pratique doit être portée devant les autorités compétentes pour gagner le pari de la lutte contre cette pratique », a-t-il dit.

Malgré l’interdiction de l’excision par la législation guinéenne, la pratique se fait à ciel à ouvert à N’Zérékoré, capitale de la Guinée Forestière. Sidiki Kanté, procureur de la République près le tribunal de première instance de N’Zérékoré se dit désormais prêt à contre celles qui font l’excision dans son ressort.

Sidiki Kanté, procureur près le TPI de N’Zérékoré

« Comme stratégie, les jeunes juges doivent aller dans les villages, ils doivent cibler les moments pendant lesquels les mutilations se font  par les exciseuses c’est aussi plus simple que ça. Le reste maintenant c’est la dénonciation pour que  la justice reçoive une plainte ou deux etc… Et  avec la répression, ça va donner une leçon aux autres d’arrêter »

Gilbert Yoma Neyo Tinguiano