Dr Diao Baldé, allié de l’UFDG prévient la CENI : « le hold-up ne passera pas » (Interview)

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Dr Diao Baldé, président de l'UGN

En lice pour les élections présidentielles du 18 octobre 2020, Cellou Dalein Diallo candidat de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) a bénéficié d’un soutien de taille.

Membre de l’Alliance Nationale pour l’Alternance Démocratique (ANAD), Dr Diao Baldé président de l’UGN (Union pour la Guinée Nouvelle) est en campagne dans les préfectures de Télimélé, Gaoual et Koundara pour accompagner leur candidat (Cellou Dalein Diallo) jusqu’à la victoire finale.

Dans une interview à bâtons rompus qu’il a accordée à la rédaction de Nimbanews.org ce jeudi, 08 octobre 2020, le président de l’UGN a fait le point sur son périple, ses constats de terrain et prévient la CENI pour qu’elle proclame la « vérité des urnes ».

Lisez !   

Nimbanews.org : d’entrée, vous venez récemment de vous engager en politique, pourquoi ce choix ?

Dr Diao Baldé : en tant qu’agent de développement, ce n’est qu’une reconversion. L’entrée en politique se justifie pour plusieurs raisons, quel que soit votre volonté, votre contribution, vos engagements, à un moment donné, vous êtes préoccupé par la politique parce que vous n’avez pas la décision. Vous pouvez être un très bon conseiller mais quand vous n’avez pas la décision, c’est un peu difficile de mettre en œuvre ce que vous voulez. Et, j’ai voulu aussi d’une manière ou d’une autre, contribuer au développement de notre pays dans le domaine de la démocratie, de la justice et de l’unité nationale. J’ai estimé que mon engagement en politique peut apporter une contribution à ces domaines.

Pour les élections présidentielles du 18 octobre prochain, vous avez décidé d’accompagner Cellou Dalein Diallo, candidat de l’UFDG. Quelles sont les raisons ?

Nous voulons l’alternance, nous ne voulons pas une présidence à vie. Avec toute la lutte qui a été menée pour qu’il ait l’alternance, nous avons estimé que Cellou Dalein Diallo au niveau de la classe politique est le leader le plus charismatique pour pouvoir exercer cette fonction. Je crois que les Guinéens doivent comprendre une chose, le drame qu’on a eu c’est de mettre quelqu’un qui n’a pas de référence, quelqu’un qui n’a pas travaillé. Donc, Elhaj Cellou Dalein Diallo a fait ses preuves dans l’administration guinéenne en tant commis pétri de talent. Souvent on le nommait ministre, même Premier ministre, il était limité dans les orientations et la décision venait toujours du président de la République. Faire de lui président de la République, il pourrait apporter une contribution significative non seulement à l’unité nationale qui nous est chère aujourd’hui parce que c’est un homme tolérant, de paix et la Guinée en a besoin. C’est un homme aussi de justice et la Guinée a sérieusement besoin de justice, tout le monde est conscient de l’état de notre justice ; ce n’est pas qu’on manque d’excellents cadres mais tout dépend du chef en réalité. De l’autre côté, on a besoin de développement et Cellou Dalein Diallo c’est un développeur, c’est quelqu’un qui a une vision, qui veut travailler. Pendant qu’il était là en tant que ministre, il a fait ses preuves en dotant le pays des infrastructures.

Vous êtes le directeur de campagne de l’ANAD dans les préfectures de Télimélé, Gaoual et Koundara, quel est le message véhiculé aux militants ?

D’abord, c’est le vote pour l’alternance, pour la démocratie et pour le développement. Nous ne voulons pas une présidence à vie, nous voulons avoir un président qui reste pour 05 ans et maximum 10 ans quel soit son bilan. Le message que nous lançons et qui a été partagé par Elhaj Cellou Dalein Diallo, c’est un message d’unité nationale. Il ne faudrait pas qu’on accepte qu’il ait des querelles entre nous, nous sommes tous des Guinéens et il ne faut pas que ça soit dans la bouche mais par les actes.

C’est aussi un message de paix, il faudrait qu’il ait la paix dans notre pays. C’est le message là aussi qu’on lance lors de notre campagne.

De l’autre côté, c’est le message de challenge de monsieur Cellou Dalein Diallo par rapport à toutes ses qualités que je viens d’énumérer. On n’a pas besoin de faire un commentaire, tout le monde connait le bilan aujourd’hui du président. On a eu le pouvoir pendant 10 ans, on doit nous dire voilà ce qu’on a fait en matière de routes bitumées, en matière d’importation de riz et faire le bilan en matière de démocratie pour nous dire les révisions qu’ils ont eu à faire, les élections étaient à tel taux de participation. L’indicateur aussi de la démocratie c’est l’expression de l’opposition et tout ce qui s’en suit. Au niveau parlementaire, vous avez des députés élus avec 300 voix sur 100 et quelques milles électeurs. C’est un recul de la démocratie, donc c’est le message comme ça qu’on lance.

En dehors des infrastructures, c’est surtout le message de justice, de paix, de tolérance parce que, quand il y a la liberté des gens, l’investissement sera rapide, les gens vont croire en nous. Si les éléments là sont réunis, il n’y a pas de raison qu’on ne change pas la donne, qu’on ne mette pas les gens dans les meilleures conditions de vie. Ce qui n’est pas le cas malheureusement après dix ans.

Dans une vidéo, on vous voit décrire le mauvais état d’une route, quel est le constat durant tout votre périple?

Aujourd’hui, je suis à Gaoual, j’ai fait plus de 12 heures de temps entre Télimélé-Gaoual et je suis rentré ici vers les 23 heures mais dans quelle condition ? Heureusement que nous sommes dans des véhicules 4X4. C’est terrible, l’état des routes c’est extraordinaire, elles sont complètement abandonnées. Il n’y a jamais de travaux d’entretien routier, les gens doivent savoir une chose ; chaque litre d’essence, de gasoil acheté à la station c’est près de 400 francs que vous contribuez pour l’entretien routier.  La zone de Télimélé, Gaoual et Koundara est pire, elle est complètement abandonnée sans aucun investissement. C’est ce qui est déplorable, l’état des routes est incroyable après tant d’années d’indépendance et de pouvoir. On a promis aux gens de faire des routes, des barrages, de construire des universités et des hôpitaux mais là où nous sommes c’est extraordinaire. Il faut changer ça.

Votre alliance entend sécuriser les voix qui sortiront des urnes, quel est l’appel que vous lancez à la CENI ?

La CENI doit savoir qu’elle est là pour la population, elle n’est pas là pour un individu,  non pour un parti politique et qui que ce soit. De tenir les choses au même pied d’égalité avec tous les partis en lice.

De l’autre côté, la population exprime son souhait de changement, il faudrait que la CENI le comprenne. De toutes les façons, au niveau de notre alliance, nous prendrons toutes les dispositions pour sécuriser les urnes, pour sécuriser le vote. Toutes les dispositions sont prises, il ne faudrait pas que les gens imaginent qu’il y aura de surprise. Ce qui s’est passé avant ne se passera pas maintenant. Tous les scénarios que les gens avaient l’habitude de monter, nous les connaissons. Ils seront complètement déçus de ce qui sera fait sur le terrain. C’est les résultats des urnes que les gens vont proclamer mais ce qui reste clair, le hold-up est exclu. Le hold-up ne se passera pas. Toutes les dispositions sont prises, nous avisons la CENI, toutes les autorités pour qu’effectivement la vérité des urnes soit connue par tout le monde pour qu’il ait la paix. Il ne faut pas qu’après les gens se lèvent pour dire non c’est la paix, c’est la Guinée, c’est maintenant à la CENI de jouer ce rôle et nous invitons la CENI et les autres éléments qui concourent à cela notamment dans le domaine judiciaire ; les magistrats et autres de jouer leurs rôles. C’est historique pour la Guinée, nous ne voulons pas d’une présidence à vie.

Le RPG aurait pu trouver un candidat n’importe lequel et il y a des cadres pétris de talent, qui ont de l’expérience qui pouvaient être candidat pour l’alternance pour qu’il ait deux mandat et c’est tout.

Interview réalisée par Siba Engagé

Tel : 626 50 44 68