Crise politique en Guinée : Notre proposition pour la sortie de crise (NGP)

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Oumou Kadé Soumah, présidente NGP

Le Président Alpha Condé vient d’être déclaré vainqueur de la présidentielle du 18 octobre 2020. Il est donc élu pour  un mandat de 6 ans et est le premier Président de la 4e République selon les institutions habilitées à proclamer les résultats officiels (CENI et la cour constitutionnelle).

Cette élection est survenue dans un contexte de crise politique tendu qui a engendré des violences postélectorales sans précédent. Cette réélection survient aussi dans un contexte de crise sanitaire qui a conduit à une récession économique et a entravé la réalisation de certains programmes de développement.

Jamais les Guinéens n’ont été aussi divisés par la politique. Jamais la défiance vis-à-vis de l’Etat n’a été aussi grande. Cet autre mandat pour le Président Alpha Condé est une épreuve de plus pour lui et les Guinéens. Les défis sont énormes.  Et  le président élu n’a pas droit à l’erreur.

L’Europe revit le reconfinement, nos frontières  aériennes sont ouvertes et la mobilité des personnes continuent. Les efforts de lutte contre la Covid-19 sont relâchés : les mesures barrières ne sont plus respectées, le port des bavettes n’est pas respecté.  Les effets de la crise liée à la Covid -19 sur l’économie sont réels : baisse du niveau de production, baisse du niveau de collecte des impôts. Ils seront  aussi différés. Les Guinéens qui  sont divisés par la politique  doivent être rassemblés. Les divergences politiques entre différents acteurs font des Guinéens des ennemis. C’est  dommage !

Le Président Alpha Condé doit poser les fondations de la paix s’il veut réussir son nouveau mandat et ses ambitions pour la Guinée et les Guinéens. Il a dit qu’il faut taire les divergences. Cela est une bonne idée. Il doit aller au-delà de cette  déclaration en tendant une main sincère à l’opposition, en lui disant sa disposition à servir la Guinée avec elle. Je prie le Président Alpha Condé de constituer un gouvernement d’union nationale et de réserver une part belle à l’opposition plurielle. Exemple: 30% de l’effectif total à l’UFDG. Le score obtenu par l’UFDG selon la cour constitutionnelle (1372920 voix soit 33,49%) impose au président déclaré de consulter le président de l’UFDG sur toutes les grandes prises de décisions.

Aucun effort n’est trop quand il s’agit de la paix. Il faut faire revenir l’opposition plurielle à l’Assemblée nationale. Elle sortira de la rue. Le Président Alpha Condé pourrait  se servir de ses prérogatives  constitutionnelles pour dissoudre la présente Assemblée Nationale. Cette dissolution donnera lieu à l’organisation de l’élection législative anticipée et pourrait sortir l’opposition de la rue.

La paix est la base de tout développement. Que le Président Alpha Condé prenne des mesures fortes d’apaisement pour nous éviter les violences que nous avons vécues pendant ces dix dernières années. L’autorité de l’Etat est respectée quand il y a un minimum de consensus entre le pouvoir et les administrés.

En outre, le limogeage de Mr Sory Camara époux de Madame Makalé Traoré du parti PACT, ressemble de l’avis de nombreux observateurs à une sorte de sanction politique ou une vengeance, si s’en est une, alors nous sommes inquiets car le premier Président de la 4e République quoiqu’il se nomme Monsieur Alpha Condé doit être un rassembleur.

En décidant de faire la politique autrement, la NGP fera en sorte que ses idées soient désintéressées et  tâchera de rester réalistes.

Oumou kadé Soumah

Présidente de la NGP