Crise au Bloc Libéral : Thierno Boubacar Baldé jette l’éponge

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Conakry le 29 Novembre 2020
A monsieur le président du Bloc Liberal
Objet : Lettre de démission
J’ai adhéré au Bloc Libéral en Mars 2013 par conviction et pour les valeurs et principes prônés à l’époque par vous et que je partageais. Vous m’aviez accueilli à bras ouvert à votre domicile qui faisait office de Siège.
En sept ans et huit mois de militantisme, j’ai fait preuve de dynamisme, d’abnégation et de loyauté envers vous-même et envers le parti. J’avoue sans fausse modestie qu’à mon arrivée, j’étais novice en politique mais très vite j’ai appris à vos côtés, je vous en serai toujours reconnaissant. Je me suis donc impliqué corps et âme à servir le parti sans aucun calcul mais parce qu’animé par une forte conviction. Ainsi, le parti et vous-même m’aviez accordé l’honneur et le privilège de me désigner pour vous représenter à plusieurs réunions politiques et ateliers de haut niveau dont je ne mentionnerai pas ici.
Ceci m’a permis de gérer et de participer à la gestion des dossiers les plus sensibles qui concernaient le parti et ses militants.
J’ai cru en vous jusqu’au moment où nous avons commencé à avoir des divergences profondes d’opinions. Ce qui est d’ailleurs légitime et normal en politique mais force est de constater que cela a profondément irrité vos sensibilités et détérioré nos relations.
Ces divergences ont commencé à la veille du départ de monsieur Aliou Bah ex-directeur de la communication du Bloc Libéral. Vous aviez clairement affiché votre intention de m’utiliser pour des considérations ethniques en vue de m’attaquer à monsieur Bah en tentant de le décrédibiliser aux yeux de l’opinion.
J’avais marqué mon opposition à cette démarche malgré votre insistance.
Vous connaissant allergique aux contradictions, j’avais réalisé que je venais de toucher au sacré. A plusieurs reprises, nous avions eu des discussions approfondies sur cette question et sur la vision du parti, mais vous n’avez pas voulu entendre raison.
Depuis, je suis la cible d’une campagne de diffamations et de calomnies véhiculées, pour créer de la suspicion et de l’amalgame autour de ma personne.
J’y ai répondu point par point afin de rétablir la vérité.Cette campagne n’a entravé en rien ma relation avec mes collaborateurs et amis, ni en ma capacité à remplir la mission que les militants et responsables du parti ont bien voulu me confier dès mon adhésion en m’élisant au poste de secrétaire en charge des relations avec les organisations des Jeunes du CNJ avant de m’élire président du Bureau National des Jeunes en janvier 2014. Cette confiance fut renouvelée à l’occasion du congrès de juillet 2015 et celui d’Aout 2020 par des plébiscites.
Hormis cette responsabilité, j’ai mérité la confiance des responsables de la commission en charge des questions électorales qui m’ont choisi à l’unanimité pour conduire la dite commission après avoir conduit brillamment la coordination des questions électorales lors de la campagne électorale pour la présidentielle de 2015.
Aujourd’hui, le parti est gangréné par une mauvaise gestion, ces maux dont il souffre sont entre autres : le leadership, la violation des textes du parti, l’impunité accordée à certains responsables, problème structurel et fonctionnel, le clanisme et l’ethno-stratégie, les manipulations, les théories de complots …
Les décisions sont prises ailleurs par un clan et qui sont imposées au Bureau Exécutif pour être entériné.
Tout est basé sur le secret et la confidentialité, mêmes les activités primaires du parti telles que : les conférences de presse, communiqués, tournées, les nombreuses rencontres (certaines clandestines) avec le président Alpha Condé … c’est souvent dans les medias que nous sommes informés au même titre que les auditeurs.
Votre ambition de caporaliser toutes les structures du parti et de le transformer en parti politique régionaliste depuis quelques années, qui s’est d’ailleurs confirmé à l’occasion du 2ème congrès a profondément contribué à freiner l’élan du parti et à y créer une atmosphère invivable.
Je pars donc avec le cœur net avec un sentiment de devoir d’un militant accompli de concert avec les militants et surtout avec les jeunes qui ont cru en moi pour lesquels j’ai une pensée très positive en ces moments.
Ceci pour être en harmonie avec ma conscience et les valeurs et principes qui gouvernent mon engagement politique.
Je tiens à remercier tous mes ex collaborateurs du parti pour lesquels j’ai un respect immense. Je pardonne également tous ceux qui m’ont combattu de la manière la plus laide qui puisse exister et je demande aussi pardon à ceux que j’ai offensés en acte, en parole ou par ignorance. Pour les premiers, leurs faits et gestes m’ont été d’utilité certaine tant et si bien que j’en suis sorti grandi et humble.
Bonne réception, que Dieu bénisse les guinéens !!!
THIERNO BOUBACAR BALDE
Ex-Président du CNJ-Bloc Libéral
Ex-Président de la Commission en charge des questions électorales.
Contact : 622218237/ 662420724/ 657934039