Baccalauréat unique : candidats tricheurs et surveillants corrompus se côtoient dans la fraude

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Les premières épreuves du Baccalauréat unique session 2020 ont été lancées le mardi, 25 août dernier sur toute l’étendue du territoire national. Mais, un fait a retenu l’attention de plusieurs internautes et observateurs en Guinée. C’est celui de voir des candidats connectés sur les réseaux sociaux pendant qu’ils sont dans les différentes salles d’examen.

A l’image des précédentes années, l’utilisation des téléphones par les candidats a été constatée dans plusieurs centres d’examen à Conakry. Malgré les menaces des autorités éducatives décidées à radier tout candidat pris en flagrant délit de fraude, les téléphones pullulent dans des salles d’examens sous le regard complice de certains surveillants qui tirent profit dans cette « affaire » bien planifiée et structurée.

Tous les moyens sont aujourd’hui utilisés par les candidats pour accéder aux universités guinéennes. Une fois que les épreuves sont lancées, il n’est pas rare de voir des candidats connectés sur les réseaux sociaux. Ils font le tour des groupes Messenger et WhatsApp où sont traités les différents sujets par des professeurs qui avaient déjà pris de l’argent avec leurs candidats.

Interrogé par notre rédaction sur cette fraude en cours, Michel Pépé Balamou secrétaire général du Syndicat National de l’Education (SNE) a reconnu que l’utilisation des téléphones par les candidats est une réalité. Mais, rassure-t-il, « ces imperfections ne sont pas de nature à mettre en cause la crédibilité de cette passation des épreuves du Baccalauréat. Le seul couac, c’est au niveau de l’utilisation des téléphones dans certains centres. Nous veillons au grain et tous ceux qui ont tenté d’aller vers la fraude ont été immédiatement arrêtés. Au centre Roi Hassan II, 30 surveillants ont été renvoyés, des élèves fraudés et ces enseignants ont été remplacés », a-t-il dit.

Ensuite, le secrétaire général du SNE qui est également membre de la coordination générale du Baccalauréat session 2020, n’a pas manqué de fustiger l’attitude de certains enseignants qui s’attèlent à des pratiques qui ternissent l’image de leur profession.

« Si un enseignant se livre à des pratiques, à des antivaleurs et inculque à l’enfant la corruption, ça veut dire que la nation guinéenne ira en péril. Il y a certains qui traitent les sujets avec leurs élèves sur les réseaux sociaux (Messenger et WhatsApp) », a regretté Michel Pépé Balamou.

 Irrité par cette pratique qui sans doute contribue à la détérioration du système éducatif en lambeaux depuis des années, Dr Dansa Kourouma président du Conseil National des Organisations de la Société Civile Guinéenne n’a pas mâché ses mots pour dénoncer tous ceux qui se livrent à cette forme de corruption.

« La corruption de l’élite guinéenne, un cancer presque incurable. Des smartphones en classe, des sujets et réponses transmis par Messenger devant des surveillants et délégués corrompus jusqu’à la moelle épinière. Des parents inconscients baux affûts des épreuves et les corrigés. Des élèves vivants avec le syndrome corruptif congénital achètent tout, même les faux sujets, juste pour passer en classe supérieure. C’est le visage sombre, honteux et surtout ahurissant de notre système éducatif. Chez nous en Guinée, la corruption est congénitale, endémique et surtout complimentée. Ces élèves malhonnêtes portent dans leurs chromosomes les gènes dominants de la corruption. Une fois grands et cadres de l’Etat, ils vont vendre nos avions, domaines publics, notre bauxite pour se remplir les poches. Mais ce qui m’étonne c’est le pauvre enseignant guinéen, vraiment pauvre, avec un salaire de misère. Mais, certains parmi eux font la honte de la corporation. Je demande à tous les patriotes de se mobiliser pour sauver l’école », a lancé l’activiste de la société civile.

Siba Guilavogui

Tel : 620 21 39 77/ 662 73 05 31