A la  découverte  du vieux Massa Gaou Koivogui,  Patriarche de Macenta

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Fils de Akoi et de Kowo Béavogui, Massa Gaou Koivogui est né en 1947 à Voloa dans la sous-préfecture de Balizéa sous le nom de Gaou Koivogui.
 Après un séjour de sept(7) ans dans la forêt sacrée, Gaou reçoit à leur sortie, en 1960, le nom Massa (chef), comme nom d’initiation.
Dévoué, intrépide, social et très fédérateur, Massa Gaou Koivogui est, en 1974, élu secrétaire général adjoint du comité révolutionnaire  de la jeunesse   de  Voloa sous les ovations de ses camarades d’âges qui connaissaient déjà son sens de responsabilité depuis la forêt sacrée où il était leur chef.
Très rapidement, Massa Gaou  engagea, à la satisfaction de tous, des activités sportives inter-villages et  inter-districts et des travaux de développement de la jeunesse. Il instaura aussi, entre les  jeunes, un climat de paix et de confiance mutuelle.
En 1977, suite au décès du secrétaire général de la jeunesse révolutionnaire  du PRL (pouvoir révolutionnaire local) de Voloa, monsieur Sanoh Moussa Béavogui, qui était son chef hiérarchique, Massa Gaou koivogui est choisi à l’unanimité pour lui succéder. Une responsabilité qu’il assuma avec efficacité durant dix(10) ans.
En 1988, sous l’œil vigilant  de Monsieur Charles Balla Béavogui, Secrétaire Général chargé des collectivités décentralisées de la préfecture de Macenta, et de monsieur Mougna Donzo, à l’époque  sous-préfet de Balizéa, le district de Voloa procèda, par élection, au renouvellement de son bureau exécutif. Massa Gaou Koivogui est  élu président du district, à la majorité des voix exprimées. Une nouvelle ère de bonheur commença ainsi pour le district.
Stratège et très diplomate, Massa Gaou réussit à instaurer un climat de bon voisinage entre tous les villages de son district et des districts environnants. Ce qui leur évita, à maintes reprises, des conflits.
Sous sa présidence, Voloa devient, malgré son éloignement de la grande route et des centres d’affaires, un district phare de la sous-préfecture de Balizéa et le sous-préfet fait de lui son conseiller principal. Et, d’année en année, Massa Gaou est auréolé par sa population qui trouve en lui un chef visionnaire, transparent, sincère, humble, travailleur, généreux et défenseur fervent de l’intérêt collectif; un chef que  personne ne veut perdre.
Grâce à son dynamisme et sa capacité managériale, Massa Gaou réussit, avec sa population, à construire, entre autres, une école primaire moderne, des logements pour les  enseignants et un poste de santé pour le district.
A la fin de chaque mandat, malgré sa volonté de laisser le pouvoir, Massa Gaou se voit toujours reconduit dans ses fonctions. Il passa ainsi plus de vingt ans à la tête  du district.
En 2011, Massa Gaou est prié par sa famille de  Ghalédazou de revenir sur la terre de ses ancêtres pour  s’occuper des veuves, des orphelins et des plantations de son défunt frère, Tanou Koli Koivogui.
Respectueux des principes ancestraux et par amour de sa famille, Massa Gaou accepta cette demande et vint définitivement s’installer à Ghalédazou où il vit actuellement. Il  confia la présidence du district de Voloa à monsieur Pévé Béavogui, son secrétaire administratif, pour assurer l’intérim jusqu’à la fin du mandat.
Arrière-petit-fils de Massa Koivogui, fondateur de Massata, devenu aujourd’hui la ville de Macenta, Massa Gaou, dès son arrivée à Ghalédazou, est sollicité par la famille pour remplacer son défunt frère, Tanou, comme patriarche de Macenta. Honneur et responsabilité qu’il a acceptés avec  humilité.
En effet, selon l’histoire, le grand père de Massa Gaou, le vieux Akoi dit koémègna, qui était un chef de guerre, était parti de Ghaledazou pour secourir ses oncles, les Beavogui de Voloa, dans le canton de Maazama, lors d’une guerre.
 Après la guerre, Koémègna découvrit une belle demoiselle dans le village et demanda à ses oncles de la lui donner en mariage. Ceux-ci acceptèrent à une seule condition: qu’il reste définitivement avec eux à Voloa. Koémègna accepta la condition et le mariage fut célébré quelques mois plus tard. Avec cette femme, il eut un fils qu’il nomma Mazoughou  qui eut pour fils Gbatokoli qui eut pour fils Akoi(Massagna) qui est le père de Massa Gaou Koivogui.
Quand ses pères du canton de Koémè eurent besoin de lui  pour une guerre,  koémègna répondit à leur  appel en laissant son fils Mazoughou à Voloa.
Le  patriarche Massa Gaou n’a donc fait que suivre ce pas de ses géniteurs en retournant dans le  koémè, leur source, pour prendre la place de ses aïeux après avoir fait à Voloa sept (7) enfants: Kova Koivogui, Akoi Pierre Koivogui, Koho Koivogui ( qui  sont des garçons), Enègo Koivogui, Tolo Koivogui, Koli Koivogui et Angeline Koma Koivogui, ( qui sont des filles).
Aujourd’hui, grâce à tous les fils et toutes les filles de la préfecture de Macenta, le vieux Massa Gaou Koivogui est reconnu officiellement par tous comme le Zoun-kéghéï et le Massagui (patriarche) de Macenta et honoré ainsi.
Avant Massa Gaou, il y a eu des patriarches à Macenta comme  le vieux Folé dit Victor fodé Koivogui qui était aussi le chef de quartier de Néliaouta, devenu kissibouro et le vieux Akoi koivogui dit Tanou koli, gendarme de profession, qui sont les  plus contemporains et mieux connus.
Massa Gaou, le respecté Patriarche, en bon grand père de famille, fait aujourd’hui du vivre ensemble et du renforcement de la cohésion sociale entre tous les habitants de Macenta  l’une de ses  missions principales. A la faveur d’une festivité solennelle organisée à Macenta en décembre 2019, il déclarait: «ma prière pour toujours est que Macenta soit pour tous un havre de paix, d’entente et d’unité ; Massa notre fondateur n’a pas créée Macenta pour les tomas, les manians, les kissiens, les peuls, les malinkés ou les guerzés seulement. Il l’a créé pour tout le monde. Nous devons tous y vivre en paix et dans le respect mutuel.»
 Bernard Pévé Béavogui